Développement de l’Ordre du Temple en Bretagne

Hugues de Payns se rend en Bretagne peu après 1128 pour recruter et y recevoir des dons. Conan II dit "le Gros", fils de la duchesse Ermengarde qui fut l’amie de saint Bernard, est né alors que son père partait en croisade en 1095 ou 1096. Sa mère, sœur de Foulques roi de Jérusalem , prit le voile en 1129 des mains même de celui qui donna sa règle au Temple : Bernard de Clairvaux (saint Bernard) et se rendit en Palestine en 1131. De retour en Bretagne elle fut une active propagandiste de l’Ordre cistercien et en 1144 Bernard viendra dans le duché à l’occasion de la fondation de l’abbaye de Buze (près de Nantes).

La première trace que l’on ait de donations à l’Ordre du Temple date de 1130, année qui vit naître en Armorique la première abbaye cistercienne : Notre-Dame de Bégard. La commanderie de Biais en Saint-Pere-en-Retz voit le jour vers 1130 après les dons des seigneurs Pierre de Garnache et Garsire de Machecoul.

A la même époque l’Ordre reçoit du Duc Conan III l’île de la Hanne à Nantes et deux métairies dans la forêt de Rennes. Ces dons deviendront plus tard ; la commanderie de Sainte Catherine de Nantes, le Temple de Blosne et le Temple du Cerisier, ces deux derniers seront rattachés ensuite à la commanderie de la Guerche. Pendant tout le XIIe siècle l’Ordre s’implante solidement en terre armoricaine grâce à la protection des Ducs et des nobles de Bretagne. Tout le monde donne, riches et pauvres, chacun suivant ses possibilités pour aider l’œuvre de l’Ordre en orient. Les dons faits à l’Ordre du Temple sont de natures diverses : biens immobiliers mais aussi chevaux et armures. Les biens immobiliers et les terres possédés expriment clairement la richesse de l’Ordre du Temple. Une charte de la fin du XIIe recense les biens de l’Ordre du Temple dans au moins soixante-quinze localités bretonnes et des droits dans les villes de : Chateaulin, Château-Neuf, Lannion, Morlaix, Jugon, Montcontour, Nantes, Montbran, Biais etc.

Les Templiers vont diversifier leurs activités. A l’exploitation de leurs domaines agricoles ils joindront l’élevage et ouvriront des boutiques et magasins à Nantes et d’autres villes. Ils assureront la police sur certains marchés et seront présent sur les principales foires. Ils affranchissent les serfs (esclaves) de leurs domaines. Ils font d’abondantes aumônes aux pauvres, hébergent et protègent les pèlerins sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

Cet attachement au peuple, aux classes peu élevées de la société vont leur attirer l’animosité des Seigneurs et des hommes d’église (surtout les évêques).